• Manuscrit : Le roi des cadeaux

    Manuscrit : Le roi des cadeaux

    Le roman Le roi des cadeaux a été écrit en 2008, mais l’idée date de 1996, suite à un travail universitaire en histoire sur une salle de cinéma de Trois-Rivières, située dans un quartier ouvrier et qui avait ouvert ses portes au cours de la grande dépression des années 1930. La salle, le Palace, était fascinante à plus d’un point, principalement à cause de la présence populiste perceptible dans la publicité très orale, fabriquée à Trois-Rivières par Alexandre Silvio, responsable de la salle. L’homme était un véritable personnage de romans : vétéran des salles de Montréal, Silvio se surnommait « Le roi des cadeaux », car il procédait aux tirages les plus étranges afin d’attirer le public vers son cinéma. Le Palace comptait aussi sur une troupe de burlesque, composée de comédiens montréalais aux accents joualisants. L’extrait suivant est divisé en deux parties : la fin d’un chapitre et le début de l’autre. Non seulement y rencontre-t-on les éléments typiques du Palace, mais on y croise aussi un tableau de la crise économique dans ce quartier ouvrier. Les bonnes âmes du « bon parler français » sont priées de ne pas s’offusquer ; il était impossible de faire parler Silvio et les comédiens de la troupe sans avoir recours au joual. Je souligne que tous les éléments relatés dans ces extraits sont véritables.

    Comme salle indépendante, le Palace ne bénéficie pas des vignettes somptueuses de Famous Players pour annoncer les films. Alexandre n’a surtout pas l’intention de payer pour ce service. Il a toujours eu sa propre façon d’élaborer la publicité, lui permettant de se démarquer des autres salles. Deux fois par semaine, il dicte à Eddy le contenu de ces réclames et le jeune homme doit aller porter ces brouillons au typographe du journal Le Nouvelliste. En premier lieu, Eddy ne comprenait pas pourquoi son patron faisait exprès pour parsemer ses phrases de fautes de français, d’anglicismes, de tournures orales. Cette semaine, pour la première fois, Alexandre utilise la surnom Roi des Cadeaux à la suite de son nom. C’est qu’il a des montres soi-disant en or à faire tirer!

    «  Je me demande si les chômeurs ont réellement besoin de montres, Alex.

    - Et la fierté personnelle, mon Eddy? Les Canayens, ce sont des parieurs. Je leur offrirais n’importe quoi qu’ils viendraient quand même. Et puis, ça se revend, une montre.

    - D’accord.

    - Là, tu mets le nom des vues principales.

    - Sur une seule ligne?

    - C’est en masse. Qui sont les vedettes?

    - Ken Maynard et Joe E. Brown.

    - Marque : Vue comique et drame de l’Ouest. Si c’est une vraie vedette, tu mets son nom, sinon, ça vaut pas la peine. À moins que… Tiens! C’est ça! Marque Ken Ménard! M-É-N-A-R-D. Ça fait plus local et le monde va s’identifier à ça.

    - Comme tu voudras.

    - Pour les titres des pièces, tu prends cinq lignes. Insiste sur Ti-Pit et Fifine. Tu joues dans ces pièces?

    - Dans Ma tante est en ville. Je suis le propriétaire de l’immeuble.

    - Marque Poléon avec Ti-Pit et Fifine. Ça va être beau, cette annonce-là.

    - Pas un peu trop surchargé, non?

    - Au prix qu’on paie, j’en mets pour la peine. Va me porter ça au Nouvelliste, mon Eddy. »

    Alexandre se remet au travail dans son bureau, jusqu’à ce qu’il se rende compte que les montres ne s’entendent pas sur l’heure à afficher. Un doute l’assaille. Il décide de les ajuster à la même heure. Trente minutes plus tard, il a l’impression d’assister à une course : laquelle aura le plus d’avance sur les autres? Il se lève promptement, ne prend pas le temps de mettre son chapeau, mais arrête en sortant du Palace. «  La colère n’est pas bonne. Ça n’empêche pas que si les gagnants de cette camelote voient qu’elles ne tiennent pas l’heure, ils ne reviendront pas et diront que je suis un cheap. Mais j’ai signé un deal avec ce bijoutier-là. Il va me refiler du stock de qualité où il aura de mes nouvelles, ce bantinse!  »

    lexandre n’est pas au bout de ses peines quand il voit sa publicité dans le journal. Quelqu’un a corrigé ses anglicismes. «  C’est pas avec ça que m’a attirer les jobbeurs de shops, les weaveuses de la Wabasso et pas même leurs foremen!  » L’homme doit apprendre à travailler avec son nouveau milieu, lui donner une chance de le connaître.

    «  Batinses de montres! Sont pires qu’hier!

    - Je vais me permettre une suggestion, Alex.

    - Quoi donc?

    - Dis aux gens que ce ne sont pas des montres de haute qualité.

    - L’honnêteté! La sincérité! T’as cent fois raison, mon Eddy. Le bijoutier ne sera pas content et il va venir m’engueuler, pis repartir pour aller chercher des bonnes montres.  »

    À la fin de la soirée, les heureux gagnants tiennent une réunion spontanée face au Palace. Alexandre les regarde du coin de l’œil, persuadé qu’ils doivent se moquer en douce de leurs prix. Il décide de sortir pour leur distribuer des cigarettes.

    «  Ça ne fait rien, monsieur Sylvio. C’est la première fois de ma vie que je gagne quelque chose.

    - Tu vas être en retard à tes rendez-vous. En retard ou en avance.

    - Je n’ai pas de job. Personne ne m’attend. Quand t’es chômeur, le temps n’a pas d’importance. Et pis, si la montre est si mauvaise, je vais la vendre aux anglais qui m’ont jeté dehors de leur shop.

    - Bonne idée, ça! Écoutez, messieurs, le Palace n’est pas un endroit de seconde main. À partir de tout de suite, les cadeaux que je vais offrir seront de première classe. En attendant, je vais vous donner une passe gratis pour n’importe quel soir de la semaine.  »

    Les voix de ces hommes se multiplient auprès de ceux qui travaillent de nuit, le disant aux leurs dès leur retour à la maison, et les membres des familles en parlent à parents et amis, avant d’entrer dans la bijouterie sans frapper à la porte. Quand Eddy signale à son patron que le propriétaire l’attend dans le lobby, le Montréalais se contente de dire «  Déjà?  » en relevant les sourcils. «  Les montres ont des petits défauts. Vous vous attendiez à quoi, à ce prix-là?  » Alexandre ne répond pas. Le bijoutier part furieux, voulant tout casser dans la salle. Eddy demande à son supérieur pourquoi il n’a pas prononcé un seul mot. «  Pour gagner, mon Eddy. D’ici deux heures, il va revenir avec de bonnes montres.  »

    Le sourire triomphant d’Alexandre agace le bijoutier au plus haut point, surtout qu’il a eu beaucoup de mal à balbutier des excuses malhabiles. Alex sait qu’il devra travailler fort pour trouver de nouveaux collaborateurs et qu’à mesure que le Palace se remplira, ce sont eux qui viendront offrir leurs produits.

    «  Un arrivage de nouvelles montres, mes bons amis! Sans oublier mon tirage des bills de cinq piastres! Aujourd’hui, ce sont des montres, mais qu’est-ce que ce sera, demain? Seul le roi des cadeaux le sait! Je traite bien ma clientèle parce que je l’aime. Nous avons de belles vues toutes simples, la seule troupe de tous les théâtres de Trois-Rivières et je vous réserve des surprises à n’en plus finir! J’invite la reine des comiques à venir piger dans le chapeau pour savoir qui se méritera le premier cadeau de la soirée. Voici votre amie : Fifine!  »

    La comédienne entre sur scène en marchant comme Charlie Chaplin, souriant généreusement au public, tout en envoyant la main telle une fillette. «  Ah ben! Ouistiti que t’as un beau chapeau, Alex!  » Elle s’en empare, s’en coiffe et tous les billets tombent sur ses épaules, au sol. «  Regarde ce que t’as fait, Fifine! Tous les tickets pour le tirage sont à terre!  » Qu’à cela ne tienne, Fifine est une bonne fille et promet de les ramasser, un à la fois. Elle siffle vers les coulisses : «  Aie, Ti-Pit! Viens m’aider, mon snoro!  » Bientôt, les cinq comédiens marchent à quatre pattes au sol en annonçant tous les numéros, malgré les protestations d’Alex. «  Qu’in! Sont toutt’ là!  » Ti-Pit proteste : «  Le numéro 502 brille par son absence, Fifine!  » La comédienne écarquille les yeux, puis se met à sautiller sur place. «  Câline de binne! J’pense qu’y est tombé dans mon rack, le 502!  » Il n’en faut pas plus pour que Ti-Pit, Ti-Clain et Ti-Phone poursuivent Fifine, offrant leur aide pour aller chercher le billet récalcitrant. Ne reste aux côtés d’Alexandre que Maude, annonçant de sa belle voix le numéro gagnant.

    «  T’as entendu ça, mon Eddy? Le public riait à s’en tenir les côtes! Je te jure que je vais tenir ma promesse aux frères Barakett. Crise ou pas crise, le Palace va devenir le théâtre le plus populaire de Trois-Rivières.

    - C’était improvisé, ce numéro?

    - Oui! Je te jure que je ne m’attendais pas à ça! Demain, ils pourraient arriver avec autre chose.  »

    Eddy se sent nerveux face à l’idée de participer à la pièce dramatique. Il juge qu’il n’a pas assez répété, qu’il n’a pas eu de directives de mise en scène, éléments qui ne semblent pas faire partie de l’univers de ces comédiens, tant ils sont habitués de jouer chaque soir de la semaine, depuis des années. Germaine et son partenaire comique Ti-Pit se tiennent à l’écart de cette pièce. Ils n’arriveraient qu’à faire rire même en tentant de demeurer sérieux.

    «  Y’était un peu stiff, mais il a été correct, le jeune. Ça s’apprend avec le temps, ce métier-là.

    - Je pense qu’il faudrait réserver les drames pour les soirs morts ou pour les matinées des femmes.

    - Ça n’empêche pas qu’y commence à avoir un peu plus’ de monde, Alex, pis que tu as promis…

    - OK, je vais téléphoner à Hector Pellerin, Germaine.

    - Certain! Pis je vas’ te rappeler une autre de tes promesses, Alex. La fin du mois de septembre approche pis…

    - Quatorze piastres par semaine, dès la première d’octobre. On a signé une entente, Germaine, et je vais tenir parole.

    - Dire que tu m’en donnais vingt-cinq y a cinq ans à Montréal.  »

    La hausse de salaire de deux dollars par semaine représente dix pour l’ensemble des comédiens et quarante par mois. L’augmentation de l’assistance, très timide, ne permet pas cette dépense. Il y a davantage de salaires à payer que jadis. Cependant, ce progrès donne un peu de pouvoir de négociation à Alexandre auprès des frères Barakett. L’homme tient ses promesses, écrites sur papier et signées sur son honneur. La confiance règne. Les frères n’ont pas fait venir cet homme de Montréal sans avoir enquêté. Cependant, ils refusent le deux dollars d’augmentation hebdomadaire pour les comédiens, suggérant même qu’une troupe à quatre serait suffisante, puisque Eddy peut aussi se débrouiller sur scène, tout comme des jeunes Trifluviens qui se sentiraient heureux qu’on fasse appel à leurs services.

    Alexandre, songeur, imagine mal de quelle façon il pourra annoncer la nouvelle à Germaine, qui ne manque jamais une occasion de lui rappeler son salaire modeste. Il sait que les quatre autres comprendraient, mais que cette femme, l’âme de la troupe, a beaucoup d’influence sur eux. Alexandre décide de soustraire un peu d’argent de sa propre paie pour le donner aux comédiens. Un secret! Si le chat sort du sac et qu’Alexandre et Simon Barakett finissent pas l’apprendre, ils réaliseraient jusqu’à quel point le Montréalais tient au succès de la salle. Il serait vite remboursé. Il vaut mieux agir ainsi que de s’attirer les colères hystériques de Germaine.

    Prévoyant avec empressement cette augmentation de salaire, les membres de la troupe ont décidé de louer deux logements dans le quartier ouvrier. Quelques meubles et autres objets sont arrivés progressivement de Montréal. Les gens des environs se sentent étonnés de voir s’installer les vedettes du Palace près de leur misère. Les acteurs, de croire tout le monde, roulent sur l’or.

    «  Les voisines sont venues faire un peu de ménage. On a parlé longtemps. C’est pas rose, leur affaire. Y’a quatre ans, tout le monde touchait salaire à Trois-Rivières. Les shops engageaient à chaque mois, sans compter les journaliers qui pouvaient travailler en se présentant à la porte de l’office des foremens, chaque matin. Pis là, presque du jour au lendemain, y reste plus rien! Ceux qui sont restés en dedans gagnent moins cher. J’ai vu ça à Montréal, sauf qu’y m’semble que c’est pire, dans cette ville.

    - J’ai du mal à trouver des collaborateurs pour mes cadeaux, Germaine. Tous les commerces encaissent des pertes.

    - Quessé qu’y se passe dans le monde, Alex? Moé, ça m’inquiète en ouistiti! Pis je me demande jusqu’à quel point on est honnêtes, dans ce décor-là. C’est pas correct de demander de l’argent à du pauvre monde pour venir au Palace.

    - Tu les entends rire chaque soir, non? Pendant ce temps, il n’y a plus de problèmes pour eux. Voilà notre mission.

    - J’comprends ça… J’comprends ça… J’sais pas pourquoi j’ai passé c’te remarque-là. C’est peut-être parce qu’icitte, je suis dedans jusqu’aux narines. À Montréal, tu voyais ça juste des petits bouts. Icitte, c’est partout. Penses-tu que ça va finir un jour?

    - Je ne suis pas économiste, Germaine. Je peux cependant te dire que dans toute chose, il y a un début et une fin. Quand ce sera terminé, les gens diront : on en a mangé, de la misère, mais on a eu du fun au Palace!

    - Garde ton argent, Alex. Tu travailles fort. On passera le mois d’octobre à douze piastres et les frères Braquette vont voir qu’on a du cœur. À ce moment-là, il nous augmentera.

    - Quoi? Comment peux-tu savoir ça?

    - Garde tes piastres, Alex. Pas de discussions!  »

    ( … )

    «  C’est ben beau, faire tirer des montres pis des bills de cinq, mais mon mari vient dépenser proche de trois piastres en un mois dans votre théâtre sans rien gagner, alors que j’ai de la grosse misère à préparer les repas pour les enfants. À quoi ça sert une montre, dans ce temps-là? Pouvez-vous répondre à ça, monsieur Sylvio?  » La remarque frappe Alexandre comme un coup de massue. Tout respire la pauvreté, dans ce quartier. Il n’a pas besoin des films d’actualité pour voir le visage de la crise, pour regarder des vagabonds descendre d’un wagon de train de marchandises. Il suffit de jeter un coup d’œil autour de lui.

    Alexandre a vu des hommes faire les cent pas devant le Palace à l’heure de sortie, dans l’espoir de ramasser un bout de cigarette jeté sur le pavé par un spectateur. Il a aussi permis à des mendiants de se réchauffer dans le lobby, tout comme il a reçu une douzaine de femmes offrant leurs services pour laver le plancher, balayer entre les bancs, dépoussiérer les peintures sur les murs. Et pourtant, il doit poursuivre son travail! S’il ne réussit pas à effacer le déficit de la salle, c’est lui qui retournera penaud à Montréal sans savoir ce qui va lui arriver. Les comédiens vivent les mêmes sentiments.

    Comme promis à Germaine, Alexandre a fait venir le chanteur Hector Pellerin. La plus belle voix de la province de Québec a du mal à se faire entendre! Plus de disques sur le marché et tant de mal à trouver des engagements. «  Je fais partie du passé, quand tout était beau.  » Alex a pu le payer avec la centaine de spectateurs additionnels que le chanteur a attiré.

    Les autres salles connaissent aussi des problèmes, sauf le Capitol, qui profite des largesses de leur propriétaire Famous Players. Ce lieu a droit aux exclusivités des studios de Hollywood. Sa petite salle sœur, le Rialto, s’en tire moins bien, avec des films en reprise. Depuis longtemps, Eddy croit à l’importance du vedettariat cinématographique. Il se garde de dire à quiconque sa pensée : Alex connaît cent ficelles du métier, mais il est devenu de la vieille garde, croyant toujours que les films ne sont qu’une partie du spectacle. Eddy ne sait pas comment il pourrait payer ces productions, même en troisième reprise.

    «  Qu’est-ce qu’il y aura comme vues, pour les matinées des femmes?

    - C’est un film avec Joan Crawford avant qu’elle ne devienne populaire et…

    - Marque Johanne Crawford. J-O-H-A-N-N-E.

    - J’ai aussi deux comédies avec…

    - Marque deux bonnes vues comiques que vous allez rire.

    - Que vous allez rire… Voilà, Alex!

    - Bon! Les pièces! Germaine m’a dit que ce serait Cœur d’enfant et Essaye à m’avoir. Marque en grosses lettres : avec Ti-Pit et Fifine, du fun garanti. Tu joues dedans?

    - Dans Cœur d’enfant. Je fais le grand-père.

    - Marque : avec Poléon.

    - Pas mon nom?

    - Eddy, il accueille le public : Poléon le fait rire.

    - Oui, mon bon patron.

    - Pour les cadeaux, nous…

    - Des montres et des billets de cinq.

    - Non, mon Eddy : des jambons.

    - Des jambons?

    - Pour lundi et la matinée des dames, tu écris que les cinquante premières femmes arrivées auront une pomme gratuite.

    - Des pommes? Des jambons? Nous sommes une épicerie?

    - Si les épiceries vendent trop cher, nous autres, on fait tirer la nourriture.

    - Où as-tu pris ces jambons?

    - Chez un boucher, mon Eddy. Où veux-tu que ce soit? Oublie pas de dire au typographe de souligner les titres des pièces en gras et de ne pas faire sa bonne sœur zélatrice du bon parler français. Je ne m’adresse pas au maire ou à un avocat, mais à des ouvriers.  »

    Peut-être que les gérants des autres salles rient en douce en constatant que le Montréalais fait tirer de la nourriture. «  Non seulement il les divertit, mais le voilà en train de les nourrir!  » doivent-ils penser. Le vendredi soir de cette grande première, le Palace accueille quatre cents personnes, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps. Le moment des tirages venu, Alex sent un grand silence, suivi d’un murmure d’insatisfaction à chaque numéro gagnant annoncé. Le boucher, présent, trouve amusante la réaction du public. Avec une telle foule, il a rapidement été remboursé et assure Alexandre qu’il est prêt à collaborer tant qu’il le désirera. Quant à la matinée des dames avec les pommes, Eddy a surtout remarqué qu’aucune n’a croqué le fruit pendant le film. La semaine suivante, la publicité insiste : «  Dix GROS jambons.  »


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