• Publication : Ce sera formidable !

    Publication : Ce sera formidable !

    Joseph Tremblay, à peine adolescent,  rencontre celle qui deviendra son épouse. Un secret : Quand j’ai écrit la réplique où Marguerite nomme les gens de sa famille à Joseph, j’étais dans un café et après avoir écrit la réponse de Joseph, j’ai éclaté de rire et les clients me regardaient d’un drôle d’oeil… Ce sera formidable a été commercialisé au Québec en 2009 et en Europe la même année. 

    « Regarde, Jos. Il y a une petite créature qui te surveille.

    - La paix, avec ces histoires de femmes, Moustache! Je suis un gars! Ça ne me concerne plus, cette perte de temps!

    - Bon! D’accord!

    - Comme si… Elle est où, tu dis? »

    Oh! très belle, celle-là! Mes oreilles ballottent. En les voyant, Juliette rit bruyamment. Elle murmure à Moustache, juste assez fort pour que je l’entende, que je possède un charme irrésistible, moi le mignon. Les moustaches de mon frère ballottent à leur tour. Je ferme les yeux, pour oublier. Je m’éloigne vers la terrasse. Tiens! Un cargo passe sur le fleuve! D’où peut-il venir? Pavillon américain, je crois! Quand je pense au modernisme faisant progresser ce pays! J’en entends parler, dans les journaux. Des patenteux de génie!

    « C’est un bateau de quel pays? » La belle qui me poursuit? I-R-R-É-S-I-S-T-I-B-L-E! Une jolie petite toque de cheveux bruns, un nez retroussé, des mains délicates, des yeux pétillants. Je lui explique le modernisme des États-Unis. Elle n’y comprend rien, mais me surveille avec un regard brûlant d’amour.

    « Quel est ton nom?

    - Marguerite Turgeon.

    - Marguerite, c’est si floral, comme prénom.

    - Pardon?

    - Je… Heu… C’est un beau prénom.

    - Merci. Je viens du Cap-de-la-Madeleine.

    - As-tu des frères et des sœurs?

    - Oui. Il s’appellent Éva, Trefflé, Néraldine, Irène, Philippe, Béatrice, Hermine, Alice, Télésphore, Exorie, Edmond, Théodore, Clovis, Flora, Napoléon, Donat, Ernest, Thomas et Adélard. Ma mère s’appelle Moïsette. Mais j’ai perdu deux petits frères et autant de sœurs: Pétrus, Gédéon, Arthémise et Hortense.

    - Je… Je… Heu… Peux-tu me répéter ça?

    - Trefflé, Néraldine, Irène, Philippe, Béatrice, Hermine, Alice, Télésphore, Exorie, Edmond, Théodore, Clovis, Flora, Napoléon, Donat, Ernest, Thomas et Adélard, mais nous avons perdu Pétrus, Gédéon, Arthémise et Hortense. Ma maman s’appelle Moïsette.

    - Je vois… Je vois… Et ton père? Quel est son nom?

    - Roméo. Mais il est mort, il y a six mois.

    - Très triste… Ça va empêcher la famille d’être complète. »

    Elle me regarde, consternée, puis éclate en sanglots. Elle pleure vraiment très fort! Tout le monde nous zyeute! Je la prends par la main, pour aller loin de la foule et m’excuser de ma remarque pas très délicate. Elle renifle, hoche la tête, signifiant qu’elle accepte mon repentir. Pour la faire rire, je nomme les miens: Catherine, Lise, Germain et Germaine, Richard, Armand, Charles, Hector, Louis, Hormisdas et Moustache.

    « Tu as un frère qui s’appelle Moustache?

    - Assurément pas une sœur.

    - Impossible!

    - C’est la réalité. Le prêtre a dit: Je te baptise Moustache, au nom du père, du fils et du saint esprit.

    - Tu es drôle!

    - Mon père s’appelle Isidore et ma maman Émerentienne, mais elle est morte en me mettant au monde.

    - Oh… Tu es orphelin, toi aussi….

    - On se sent si seul au monde, dans ce temps-là. Moustache est là-bas, avec son amie Juliette. Je vais te le présenter. Il vaut mieux sortir d’ici avant que le frère chauve ne nous tombe dessus.

    - Quoi? »

    Marguerite! Marguerite! Belle comme une marguerite! Mon automne est rempli par sa présence! Sa famille, heureusement, n’habite pas entièrement cette vieille maison du Cap-de-la-Madeleine, d’une seule pièce, séparée avec des rideaux coulissants, comme au temps des Romains et des Grecs. Pour les réunions des temps des fêtes, ils doivent sûrement louer un hôtel. Sa mère est très drôle! Elle parle avec des vieux mots de français fort étranges. J’ai pu jouer à la cachette avec Marguerite. Proprement! En fait, le frère chauve avait peut-être raison; Mariette, c’était une dévergondée. Pas question de bec sucré ni de baiser avec Marguerite. Mais je pense à elle! J’y pense tant! C’est peut-être ma Juliette!


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  • Commentaires

    1
    Lundi 29 Juin 2015 à 17:11

    hello
    très intéressant
    j'aime l'approche.
    belle fin de journée.

    2
    Lundi 29 Juin 2015 à 18:55

    Merci.

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    3
    Jeudi 14 Avril 2016 à 11:19

    Hello
    de nouveau je dis...j'aime.yes

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