• Publication : Des trésors pour Marie-Lou

    Publication : Des trésors pour Marie-Lou

    Isabelle est séropositive. La voilà se prenant d’affection pour un gros chat du nom de Calcium, appartenant la jeune femme où elle habite comme colocataire, en compagnie de Marie-Lou. Grande part de réalité dans cet extrait : le chat ressemble comme deux gouttes d’eau à un matou que j’ai eu au cours des années 1980. Quant à l’anecdote du couvercle de la conserve de nourriture, cela m’est arrivé. Des trésors pour Marie-Lou a été publié au Québec en 2003 et est devenu depuis mon roman le plus difficile à trouver… L'illustration ci-haut présente deux épreuves pour la page couverture. Celle de gauche sera choisie.

    Isabelle et Marie-Lou aiment bien le chat Calcium, plus sympathique que sa maîtresse. Cette boule de poils ronronne dès qu’on la regarde, fait le dos rond, se frotte contre les jambes de Marie-Lou et miaule à Isabelle aussi adroitement qu’un bluesman des bas-fonds de Chicago. Elles lui lancent une balle chiffonnée et Calcium court, virevolte, saute, boxe la balle avec ses tampons de pattes, avant d’y planter ses griffes pointues. Parfois, quand on le surprend, il lève de terre les quatre pattes à la fois, ce qui fait rire follement Isabelle. Calcium aime l’attention portée par ces deux nouvelles bipèdes, alors que sa patronne est trop occupée avec la télévision pour jouer avec lui. Isabelle a pris l’habitude de lui chatouiller le bedon, et Calcium se venge en lui griffant les mains, produisant ainsi des petits trous sanguinolents qu’Isabelle est obligée de désinfecter à chaque occasion. Ne pouvant se passer de ce jeu, Isabelle le pratique maintenant en portant des gants, ce qui plaît au chat. L’animal réalise qu’il peut griffer avec plus de fermeté sans risquer de se faire sermonner. Isabelle le retourne sens dessus dessous, le lance à Marie-Lou, lui permet de jouer avec ses cheveux et pose ensuite son oreille sur son ventre pour se faire bercer par l’éternel mystère du ronronnement félin.

    Je renifle et j’éternue. Je suis certaine que la cochonnerie qui m’habite vient de décider que je suis maintenant allergique aux poils de chat. Quand je ne suis pas à la maison, je me sens mieux. Aussitôt en présence de Calcium, ça me reprend. C’est peut-être idiot de ma part, mais je fais semblant de ne pas y penser, je m’efforce de ne pas en parler, surtout pas à mon médecin. Je l’aime, mon Calcium! Il est si sexy et merveilleux! Petite, je n’ai jamais eu d’animaux, parce que mes parents disaient qu’ils coûtaient cher en nourriture et qu’ils avaient besoin de chaque dollar pour payer le câblodistributeur et leurs billets de loterie. Ils craignaient aussi qu’un chien confonde la télécommande avec un os. J’enviais tellement les fillettes du quartier quand elles passaient sur le trottoir avec leurs petits poilus. Marie-Lou a eu brièvement un chien, qui est mort écrasé par une chaîne stéréophonique sur roues. Sa mère ne lui en a pas acheté un nouveau, parce qu’elle détestait ramasser les poils sur ses divans. Alors, Marie-Lou et moi, nous l’adorons, notre chat! Quand nous nous couchons, il s’installe entre nous et nous fait rêver avec ses ronronnements. Quand je suis seule, il vient s’étendre sur mes feuilles, ou se couche sur mon ventre lorsque je suis assise pour la lecture. Je le prends et je me mire dans ses merveilleux yeux. Puis j’éternue et je renifle. Mais j’ai tant besoin de son affection! Il est mon back door man, mon hoochie coochie cat!

     

    Isabelle enlève le couvercle de plastique de la boîte de conserve de nourriture pour chat, ne se rend pas compte que la languette métallique est toujours en place et, dans son empressement, se la plante violemment dans la main. Elle crie, court dans le passage, se sent refroidir et tombe sur le plancher. Le bruit de la chute fait accourir Marie-Lou qui se cache la bouche avec ses doigts quand elle voit tout ce sang couler de la main d’Isabelle hors de souffle, les yeux tournant sur eux-mêmes, alors que le chat se frotte contre elle pour se faire nourrir.


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  • Commentaires

    1
    Michel Després
    Samedi 8 Février 2014 à 18:06

    Bonjour M. Bergeron,

     Je suis a la recherche de votre livre "Des trésors pour Marie-Lou. Malgré de nombreuses recherches, il est introuvable. Vous en resterait-il quelques exemplaires afin de satisfaire un lecteur qui aimerait bien terminer la lecture de cette saga si intéressante ?

    Merci pour votre attention.

    Michel D.

    2
    Samedi 8 Février 2014 à 18:40

    Des 1000 copies imprimées de ce livre en 2003, 750 ont été détruites moins de trois années plus tard.  C'est le sort de 90 % des romans québécois.


    Je n'ai que ma propre copie.


    Je vous conseillerais de passer par les réseaux de bibliothèques publiques régionales sur Internet.  Si vous repérez le roman dans une de ces bibliothèques, écrivez et faites une offre. Quand un livre est peu emprunté, il est  élagué et jeté après quelques années. Peut-être qu'ils vont accepter de vous le vendre. J'avais suggéré la même chose à une femme de Hull il y a  deux ans et elle avait trouvé une copie en Abitibi.


    Vous pouvez aussi emprunter  le livre dans une bibliothèque et le photocopier.


    Je vous signale que la série Tremblay ne compte pas 6 livres mais bien 12, dont 7 publiés. Ce sera formidable fait aussi partie de cette série. Les 5 autres sont inédits et sont refusés partout.


    Bonne chance

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