• Publication : Tremblay et fils

    Publication : Tremblay et fils

    Nous sommes au début du 20e siècle et Roméo s’entête à faire disparaître la peur immense que sa petite soeur Jeanne ressent de passer sous l’énorme outil de bois qui se trouve sur la devanture de la fonderie du Gros Marteau. Seul un petit chiot, destiné à la noyade, réussit à faire fuir la peur de la fillette. C'est en partie ce qui est illustré en page couverture de Tremblay et fils, mon premier roman publié, en 1996. 

    Bientôt, les feuilles mortes décoreront le quartier Saint-Philippe et rendront triste le Petit Carré. L’automne et sa grisaille! Leçon d’arithmétique ou de catéchisme et retour des chandails chauds. Jeanne se demande pourquoi Roméo l’abandonne au profit de l’école. En la voyant si morose, Joseph décide de lui offrir le chien réclamé depuis si longtemps. Son frère Hector en a quatre à donner. Joseph ne parle pas du chien à Jeanne, lui promettant plutôt une nouvelle poupée. Le samedi, en compagnie de son père et de Roméo, Jeanne se rend chez Hector, où il n’y a plus de chien. La belle-sœur de Joseph explique qu’il restait deux chiots et que son mari ira les noyer ce midi dans le Saint-Laurent. Il les a donc apportés avec lui à son travail au Gros Marteau.

    «  On va aller chercher la poupée au Gros Marteau  », de dire Joseph à sa fille. Il termine à peine sa phrase que la jolie se met à pleurer. Le père essaie en vain de la consoler. Roméo, témoin de la scène, connaît la bonne méthode :  » Ce n’est pas une poupée. C’est un chien.  » Jeanne sursaute, se retourne, le regarde, renifle, essuie une larme avec le revers de la manche de sa robe. Avec prudence, Jeanne accepte de les suivre, mais quand elle voit l’énorme outil profiler son ombre menaçante sur la moitié de la rue Notre-Dame, la fillette se crampe sur le trottoir et refuse d’avancer. Las, Joseph la prend dans ses bras, ignorant ses hurlements. C’est avec cette poupée criarde que l’homme entre dans la pénombre bruyante de la manufacture. Joseph trouve vite son frère. À ses pieds, un sac troué où dorment les deux chiens. Jeanne, sans réfléchir, adopte le premier qu’elle touche et le baptise Noireau, même s’il est beige. Le toutou, heureux de quitter sa prison, lui lèche le bout du nez. Jeanne ne pleure plus. Elle rit. En sortant, elle dépose Noireau sur le bois du trottoir, oubliant totalement le Gros Marteau, tout juste au-dessus de sa tête. Roméo ne peut s’empêcher de sourire avec tendresse, de se presser pour rentrer à la maison pour écrire cette histoire.


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